Benin-Cameroun : Gazon maudit

Mutations

Samedi dernier, de 5h à midi, il est tombé des cordes à Cotonou, la capitale du Bénin où se jouait le si important match Bénin-Cameroun comptant pour les qualifications à la prochaine Coupe du monde de football "Allemagne 2006".

Le 7 juin 2005
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Pourtant, à 15h, quand les deux équipes sont venues s’échauffer sur la pelouse du stade de l’Amitié, celle-ci était d’un confort insolent. Tendre et bien tondue, elle donnait l’impression de n’avoir pas été abondamment arrosée quelques trois heures seulement plus tôt par une redoutable averse. C’est que, à l’image de plusieurs pays d’Afrique désormais, le Bénin s’est doté d’une infrastructure sportive à la modernité minimale. On est loin des scènes cocasses du stade de la Réunification à Douala, où des manoeuvres s’échinent souvent, munis des seaux et des cuvettes, pour évacuer les eaux de pluie. On se souvient même qu’un match de coupe d’Afrique interclubs y a été reporté et re-programmé trois fois l’année dernière, parce que la pelouse ne parvenait pas à se vider de ses eaux, trois jours durant !

Comparaison n’est pas raison, mais de quelles immenses richesses disposent donc des Etats comme le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, ou encore la Gambie qui vient d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations cadets, pour s’offrir de petits stades de football fonctionnels, de 20.000 à 30.000 places ? La principale fortune de ces pays est sans doute la volonté politique de leurs dirigeants, soucieux de doter la jeunesse des infrastructures dignes de la pratique du sport de haut niveau. Il n’y a pas d’autre explication à cette situation, d’autant que la coopération chinoise, qui aide notamment ces pays à réaliser leurs projets à moindre coût, n’a jamais refusé d’en faire autant au Cameroun, à notre connaissance.
Mais ici, on préfère mettre en mission, à grands frais, des dizaines de fonctionnaires aux attributions floues, dans les délégations accompagnant l’équipe nationale de football dans ses nombreux déplacements, pour aller simplement admirer les réalisations des autres. Voici un pays qui force le respect et ne suscite qu’admiration et envie à l’étranger pour les résultats élogieux de son football : quatre fois champion d’Afrique, médaillé d’or olympique, record de participations à la phase finale de la Coupe du monde pour une équipe africaine...

Mais qui, depuis la construction des stades de Douala et de Yaoundé en 1972, lesquels sont devenus de véritables pièces de musée aujourd’hui et non plus des terrains propres à la pratique du football, n’a plus jamais rien construit -si l’on excepte le stade de Garoua- ne serait-ce que pour honorer le rang qu’il occupe dans le football mondial. Nous étions encore abasourdis l’autre jour, en regardant les images d’une télévision privée locale, qui rappellent opportunément le scandale du stade omnisports abandonné de Bafoussam : le gros œuvre de béton (mur d’enceinte et gradins) est achevé, la piste d’athlétisme est construite et même les poteaux de buts sont plantés depuis deux décennies. Ce stade n’est pourtant pas fonctionnel, alors que les quatre clubs de 1ère division domiciliés à Bafoussam évoluent dans une cour de recréation maladroitement baptisée stade municipal !

Sur le terrain sportif, après une longue période de doute, les Lions indomptables se sont remis à gagner, ne rendant plus tout à fait impossible une nouvelle qualification à la Coupe du monde. De quoi meubler des paragraphes entiers des discours de la plus haute autorité du pays, qui n’a de cesse de citer en exemple l’équipe nationale de football. De quoi allonger l’espérance de vie des feuilles de mission à l’étranger de la forte colonie des fonctionnaires et autres accompagnateurs qui savent bénéficier de la générosité de l’Etat en pareilles circonstances.

Attendrons-nous alors une sixième participation à la Coupe du monde de football, l’année prochaine, pour offrir enfin à nos chers Lions indomptables si adulés un terrain de football digne de leurs exploits ?

Par Emmanuel G. Samnick


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Vos commentaires

  • Le 7 juin 2005 à 13:49, par ? En réponse à : > Benin-Cameroun : Gazon maudit

    Mr Samnick, please I thank you for your comments. Cameroon is descending so fast I’m very worried what might happen next. Mbarga Mboa takes all his friends to watch games and deprive players the opportunity they deserve. What do you expect from a country where the president is a thief ? The entire country is corrupt,let’s hope and pray for our brothers and sisters who still live there.

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  • Le 7 juin 2005 à 11:58, par ? En réponse à : > Benin-Cameroun : Gazon maudit

    merci pour la remarque
    mais nous savons tous qu’au cameroun le ridicul ne tue pas si non comment un ministre peut inteligent soit il ou aveugle
    ne pourait pa savoir honte de recevoir un autre colleger dans un starde de cette situation l’homme eyoudo na jamais sus construre d’ou viens le sur nom de Tchop blouk pot = mange et perse la marmite regarder le cameroun depuis l’arrivee de P B non seulement il na rien construis meme ce qu’il a trouver ont disparu ex bus stade de foot
    route,ect cece et un probleme de conception les gent de cette regiont force et de reconnaitre qu’ils sont des paresseus de nature et leur seul source c’est le ma tu vue voyage en europe gros voiture villa femme vin cigar veste et gravatte regardez autour de vous

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  • Le 7 juin 2005 à 08:40, par vico En réponse à : > Benin-Cameroun : Gazon maudit

    Mes chers compatriote l’heure est grave. mais a qui parlons nous ? a ces fonctionnaire vereux qui n’ont d’yeux que dans et pour leurs poches ?
    c’est toujours une honte pour moi quand je regarde les images de nos stades en la presence de mes amis nigerien,beninois,nigerian,togolais... a qui je fais souvent des eloges de mon cher pays.
    qu’attendent donc nos authorites ? un autre septenat ?
    dans tout les ca fait pitie et j’en ai les larmes qui coulent. le cameroun doit changer.changeons.

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