Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

Analyse de François Ngoumou, notre consultant.

Camfoot.com

Après une bonne entame lors du match contre la Corée, les camerounais ont sombré en encaissant 7 buts en 2 matches. Nous sortons par la petite porte pour trois raisons essentielles : L’intelligence de lecture des techniciens adverses qui, après avoir visionné notre premier match, ont exploité nos points faibles, l’incapacité du staff technique camerounais de trouver une parade au jeu proposé par nos adversaires, la faillite collective d’une équipe sans fond de jeu véritable.

Le 4 octobre 2009
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Lors de ces dernières rencontres on aura vu une équipe sans animation collective, avec une absence de lien entre la défense et l’attaque.

Et pourtant, les Teikeu, Yaya et autre Akono ont du potentiel, mais le manque de coordination dans leur jeu défensif a été fatal.

Au milieu de terrain, on disposait pourtant de talent (Ekeng-Bapidi-Boumal-Tiko). Cependant, leur jeu a manqué de génie créatif collectif et presqu’aucun bon ballon n’est parvenu aux attaquants. Et ces attaquants ont par ailleurs brillé par un jeu insipide, manquant de sang froid devant les buts. Ils ont gagné très peu de duels pour pouvoir s’imposer dans des matchs contre des adversaires aguerris tactiquement.

On comptait sur des talents purs tels que Zoua, Djousse, Owona. Tous sont passés à côté de la compétition et ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Contre les États-Unis, ils se sont offerts de véritables occasions, mais n’ont pas été capables de mettre la balle au fond à la différence des attaquants américains et allemands qui nous ont donné des leçons de réalisme.

A la décharge des entraîneurs camerounais, comme nous le soulignons depuis des années, les victoires se préparent. On ne bâtit pas un collectif sans match amicaux, sans véritable préparation. Jouer des matches d’évaluation contre des équipes du championnat de première, de deuxième division ou de centre de formation pour préparer la coupe du monde n’est pas le meilleur moyen de se jauger. Nos équipes, une fois qualifiées, doivent se préparer en se frottant à des adversaires dignes de ce nom. C’est en jouant des matches de préparation contre les meilleures équipes du monde que l’on jauge son niveau réel et qu’on fait les ajustements nécessaires.

Tactiquement, un coach gagne en se frottant aux meilleurs sélectionneurs des meilleurs équipes mondiales (d’où l’importance des sparring-partners). Ce n’est pas à la coupe du monde que l’on va apprendre.

Le Cameroun ne doit plus aller en compétition internationale pour faire de la figuration eu égard à son énorme potentiel.

Pour cette coupe du monde, on constate qu’il y a eu de l’impréparation totale. S’en prendre aux entraîneurs ne resolvra pas le problème. On les a entendu réclamer pendant des mois des matches amicaux et des moyens pour aller faire de la sans succès.

Que cette débâcle serve donc de leçon à tous et que l’on ne pense pas seulement aux lions Indomptables senior, puisque la sélection des jeunes c’est la relève, les LIONS de demain.

Après l’élimination sans gloire au premier tour des cadets à la dernière Coupe d’Afrique des Nations en Algérie et l’humiliation que viennent de subir les juniors en mondovision, il est temps que les pouvoirs publics mettent en place une véritable politique de relance du football jeune sur le plan local et un mécanisme de détection de nos fils de la diaspora. De nombreux jeunes camerounais nés en Europe sont capables de faire le bonheur de nos sélections de jeunes voire de nos Lions indomptables. Nous en profitons donc pour lancer un appel en faveur des joueurs comme Ngog, kana-Biyick junior, Matip, Situin et bien d’autres. Déjà, Ngog a été appelé en espoir par la France, Kana-Biyick aussi y évolue dans les catégories de jeunes.

Il existe une pépinière de jeunes qui se distinguent dans leurs clubs partout en Europe. On pense au jeune Emile Nsue qui évolue avec les U20 de l’Espagne et qui a donc été naturalisé par son pays d’accueil.

Le Cameroun a un énorme potentiel. Il faut mettre en place une véritable politique cohérente et nous pourrons être certains que dans les prochaines années, le drapeau vert- rouge- jaune re-flottera très haut dans les stades du monde entier.

La balle est dans le camp des pouvoirs publics. A bon entendeur…

François Ngoumou, Entraineur de football - Diplomé UEFA.Fédération Belge, Licence A Fédération Allemande de Football - Consultant Sportif international


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Vos commentaires

  • Le 24 avril 2012 à 03:43, par mary2012 En réponse à : Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

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  • Le 5 octobre 2009 à 16:06, par nofear En réponse à : Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

    je suis d’accord avec Mr NDO,pourquoi toujours vouloir nous faire croire que les préparations faites à l’étranger nous garantirons des résultats probants ?Où je rejoins l’analyse de Bako c’est qu’on ne peut pas se permettre avec tous les entraîneurs que nous avons au Cameroun,de laisser l’équipe à un autodicdate c’est simplement pas possible ça marchera jusqu’à un certain niveau après ce sera fini.Je crois que de là vient la naïveté de mR Wabo à qui je tire mon chapeau pour ses prouesses sur le continent.

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  • Le 4 octobre 2009 à 22:54, par Pecos036 En réponse à : Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

    Avant de commenter cet article, je tiens à apporter un petit rectificatif : Emile Nsue n’est pas Camerounais. Il s’appelle Emilio Nsue et est de père Équato-guinéen.

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  • Le 4 octobre 2009 à 19:35, par Wahsih a Deng En réponse à : Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

    François Ngoumou a bien analysé les points forts et les faiblesses du coaching des Lions juniors lors du 1er tour des mondiaux de moins de 20 ans – édition 2009. La pertinence de son analyse tourne autour des circonstances atténuantes dans lesquelles nos entraîneurs sont souvent amenés à travailler.

    Je partage entièrement l’analyse faite par notre grand frère, Daniel Alain Ndo vis-à-vis de ce que François Ngoumou a écrit . Grand frère, t’as trouvé la bonne réplique aux suppositions de M. Ngoumou. Permets-moi donc de reprendre le constat que t’as fait en la matière :

    « Nous devons cesser avec cette fuite en avant qui consiste à penser que dès qu’on joue en Europe on est nécessairement bon et meilleur à son poste. Mettons sur pied une organisation intelligente qui permettra de ratisser large, mettons à la tête de ces sélections des techniciens qualifiés avec des états de services qui forcent le respect. »

    Que les gens restés au bercail ne se font point d’illusions ! On peut bel et bien vivre au Cameroun et manier son domaine d’activités au même titre que ceux qui ont élu domicile à M’bengue.

    Je vous citerai deux exemples et ce dans le seul domaine de journalisme.

    Un Daniel Alain Ndo ( et je suppose qu’il vit au Cameroun) n’a rien à envier à un quelconque journaliste d’Équipe ni à un spécialiste de la rubrique, Sports, du Daily Telegraph en Angleterre.

    Parlons également de notre compatriote, Leonidas Ndogkoti , qui manie le français et l’anglais à telle enseigne que ces chroniques sont aussi sophistiquées que les analyses d’un Ignacio Ramonet du Monde Diplomatique ou d’un Polly Toynbee, du quotidien britannique, The Guardian.

    Voici du reste ce que j’ai écrit samedi matin au sujet de l’élimination de nos Juniors à la CDM de leur catégorie :

    « Tant que la débrouillardise demeure la façon de faire chez nous, on n’ira nulle part dans un monde où le professionnalisme est de mise. Il faut nommer les gens qu’il faut à la place qui leur reviennent d’office. Autrement dit, un autodidacte n’a pas de place dans les domaines d’application où il faut s’adapter aux donnes mutables et/ou ambiantes.

    Pour le match Allemagne – Cameroun d’hier soir, le nul aurait suffi pour le droit de passage de la phase de poule au 2e tour. Pourquoi, l’entraîneur n’avait-il pas densifié le milieu de terrain et la défense pour procéder ensuite par des contre-attaques ? Les amateurs du ballon rond conviendront avec moi que ce qui manquait à M. Wabo hier soir ce fut son sens de pouvoir adapter ses schéma tactiques au fur et à mesure que le match avançait. »

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  • Le 4 octobre 2009 à 17:58, par daniel alain ndo En réponse à : Coupe du monde U20 : Les raisons d’un échec

    Si on peut être globalement d’accord avec NGOUMOU, pour son analyse de l’échec de ceux que nous avons convenus d’appeler lionceaux, je dois dire que je ne partage pas son point de vue pour ce qui concerne la nécessité de retenir certains jeunes de moins de 20 ans qui sont en apprentissage dans différents clubs en Europe. Je veux dire qu’il s’agit d’une compétition pour apprenants et donc qu’elle doit être réservée aux apprenants. Il y a le FENASCO et le FENASU qui sont respectivement des fédérations scolaires et universitaires. Ces fédérations organisent chaque année des compétitions pour des enfants de ces âges là. Il suffit donc d’élargir la base de prospection d’abord au Cameroun avant d’aller voir si éventuellement, on peut trouver mieux dans notre diaspora. Nous devons cesser avec cette fuite en avant qui consiste à penser que dès qu’on joue en Europe on est nécessairement bon et meilleur à son poste. Mettons sur pied une organisation intelligente qui permettra de ratisser large, mettons à la tête de ces sélections des techniciens qualifiés avec des états de services qui forcent le respect. Arrêtons de jouer avec les âges, arrêtons de bricoler ; je souhaite qu’on m’explique un peu ce qui peut porter le Cameroun à prendre part à ces compétitions alors même que nous n’avons pas un championnat pour les juniors en dehors de ceux organisés par les fédérations plus haut citées dont les activités sont ignorées. Si dans toute sélection il y a systématiquement de la subjectivité, dans les conditions actuelles, tout devient subjectif hélas. Le Cameroun c’est en effet le Cameroun.

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